Corrigé Sujet 2 Philosophie - Bac L Washington 2016

Corrigé Sujet 2 Philosophie - Bac L Washington 2016

digiSchool Bac L met à votre disposition le corrigé du sujet 2 de Philosophie du Bac L de Washington 2016.

"Peut-on être soi-même devant les autres ?" est le second sujet de philo du Bac L de Washington 2016. Notre professeur vous explique et analyse le sujet, définit les termes clés et vous propose un plan qui répond à la problématique.

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Corrigé Sujet 2 Philosophie - Bac L Washington 2016

Le contenu du document

 

 

SUJET 2 : PEUT-ON ETRE SOI-MEME DEVANT LES AUTRES ?

Notion en jeu : le sujet, autrui, la conscience.

 

AVANT-PROPOS

Il est avant tout primordial de comprendre que ces éléments de corrigé ne constituent en aucun cas un “corrigé type”, mais seulement des exemples de traitement possible de ce sujet de dissertation. 

En philosophie la démarche de pensée individuelle et la logique de l’argumentation est ce qui rendra un travail bon le jour de l’épreuve. 

Il n’y a pas un plan possible mais plusieurs. Ce corrigé se veut donc avant tout une explication du sujet et de ses attentes, et non un corrigé type comme on pourrait en trouver en sciences dures : mathématiques…

 

PRESENTATION DU SUJET

Ce sujet, « peut-on être soi-même devant les autres ? », a trait à une notion classique du programme de terminale L, le rapport du moi à autrui, faisant partie du grand domaine ‟Le sujet”. C’est ici la question de l’identité, du rapport de soi à soi-même malgré autrui, « devant » ce dernier, qui a lieu. Il s’agit donc d’un sujet à portée psychologique et identitaire, c’est-à-dire qui concerne le rapport de notre identité face à autrui. 

 

ANALYSE DU SUJET

Ce travail d’analyse correspond à ce que vous devez faire au brouillon pour vous approprier le sujet dans toute sa dimension. Ce travail est absolument indispensable pour vous permettre de cibler le sujet et de ne pas faire de hors-sujet.

 

DEFINITION DES TERMES

• peut-on : le verbe “pouvoir” a trois sens : 1) la capacité, 2) la légalité / le droit, 3) la légitimité / la morale. Il s’agit donc de se demander ce que l’on peut faire à ces trois niveaux. 

 

• être : le verbe “être” est sans doute l’un des plus simples de la langue française. Il marque un état, voire un constat. En ce sens, tout simplement, est-il possible d’être soi-même devant les autres ? Mais le verbe “être” prend ici une autre ampleur, plus philosophique. Il s’agit alors de l’essence, de la nature : puis-je être moi-même, tel que je suis dans toute ma nature, dans ce que je suis de plus fondamental, devant l’autre ?

 

• soi-même : soi et même, notion d’ipséité ici, le soi qui se rapporte de manière strictement égale au même, l’identité absolue de soi à soi. Expression de la subjectivité propre et de l’identité. « Être soi-même », c’est manifester cette identité de soi à soi, rester intact et identique malgré l’altérité environnante.

 

• devant : le verbe “être” est sans doute l’un des plus simples de la langue française. Il marque un état, voire un constat. Ici le sujet nous demande si une vérité scientifique peut être approximative, ce qui signifie si elle peut s’avérer, se révéler, approximative. Le verbe ‟être” est ici assez neutre. Il ne désigne pas l’essence, la nature, mais un état des lieux. Il serait justement intéressant de s’interroger sur le passage du constat à la nature.

 

• les autres : autrui, ces autres qui ne sont pas moi, peut s’entendre en deux sens. L’alter ego, mon autre moi, mon semblable qui est malgré tout différent de moi. Et l’alter alter, cet autre tout à fait autre, celui qui m’est étranger. Quoiqu’il en soit, autrui est toujours mon semblable ou mon autre dans une nature commune : l’humanité. Reste que la question de l’identité est ici ce qui nous départage car autrui c’est toujours ce qui n’est pas moi. 

 

MISE EN TENSION DU SUJET ET PROBLEMATISATION

Mettre en tension le sujet, c’est trouver deux réponses qui font faire un grand écart au sujet, qui le tirent dans un sens et dans l’autre comme on peut étirer un élastique vers deux extrémités. Sans mettre en tension le sujet, on ne peut pas le problématiser, c’est-à-dire voir le problème sous-jacent au sujet, le problème que pose la question même du sujet. Et si on ne voit pas ce problème, on se contente de répondre à la question posée, ou de reformuler le sujet, mais sans le problématiser. Alors on ne répond pas aux attentes de la dissertation de philosophie, qui suppose une aptitude à problématiser.

 

Pour mettre en tension le sujet, on va proposer deux réponses a priori opposées, l’une évidente, qui nous vient à l’esprit le plus spontanément, l’autre qui vient la réfuter ou en montrer les limites.

 

  • sujet : peut-on être soi-même devant les autres ?
     
  • réponse évidente : (la réponse évidente peut aussi être celle qui parle au sens commun, qui n’est pas d’emblée philosophique) s’il semble être de l’ordre de l’impératif moral d’être soi-même devant les autres, non seulement cela semble difficile de le pouvoir, au vu des murs de nos consciences nous séparant, mais en plus souvent on ne le veut pas, par souci de l’image que l’on renvoie de soi, par pudeur, etc.
     
  • réponse opposée qui réfute la première réponse ou en montre les limites : néanmoins, selon qui sont les autres, nous pouvons être plus ou moins nous-mêmes. Il semble ainsi plus évident de se montrer tel que l’on est face à nos semblables, tandis que plus il y a une distance entre nous et les autres, moins nous le pouvons. Tout cela dépendrait alors de notre proximité à autrui, et finalement d’à quel point ils se rapprochent de nous en étant nos alter ego.

 

La tension est ici sensible : soit on peut être soi-même devant les autres, soit on ne le peut pas. Ou alors avec des nuances, selon qui est autrui par rapport à nous, puisqu’il existe différentes catégories d’autres.

 

Cela amène alors la problématique : Peut-on être soi-même devant les autres ou les autres, la figure de l’altérité, empêchent le soi de se constituer ? Doit-on différencier plusieurs types d’autrui devant lesquels nous serions différemment ? Mais si nous sommes plus nous-mêmes envers nos semblables qu’envers les étrangers, peut-on encore parler d’altérité ? Et même inversions la chose : pourrions-nous être nous-mêmes sans les autres ? Notre conscience n’a-t-elle pas toujours besoin du recours à l’altérité pour se constituer ?

 

PROPOSITION DE PLAN

I. Il semble que si l’on doit être soi-même devant les autres, on ne l’est pas, pas tant parce qu’on ne peut pas mais parce qu’on ne veut pas

1. Être soi-même devant les autres, un devoir moral

« Ce qui me bouleverse, ce n’est pas que tu m’aies menti, c’est que désormais je ne pourrai plus jamais te croire », clame Nietzsche (Ainsi parlait Zarathoustra). Ne pas être soi-même devant les autres, nous dissimuler, ne pas se montrer tel qu’on est, se cacher sous une carapace ou arborer une image ne reflétant qu’à moitié notre personnalité, fait partie de la tromperie et du mensonge qui peuvent corrompre nos relations intersubjectives. Ainsi, être soi-même devant les autres semble bien constituer un devoir moral, qui fonde les bases d’une confiance commune et de la vie avec autrui. Mais si l’on doit être soi-même devant les autres, le pouvons-nous et encore, le voulons-nous ?

 

2. Et pourtant on ne l’est pas

Ce qui fait notre identité, notre subjectivité, se dévoile à la fois par notre sensibilité, notre manière d’être au monde et d’appréhender les choses, identifiable par l’observation d’autrui, mais aussi notre conscience particulière, nos idées les plus profondes. Or cela, comment le partager, puisque « les murs de notre conscience sont impénétrables », comme le dit Husserl (Méditations cartésiennes) ? Et puis soi-même, cela peut-être notre inconscient, ce for intérieur qui ne déborde jamais en société. En ce cas, nous ne pouvons pas totalement être soi-même devant les autres, juste de manière partielle. Mais le voulons-nous d’ailleurs vraiment ? Ne sommes-nous pas pudiques, n’avons-nous pas besoin de sauvegarder notre intimité face aux autres, pour avoir une part de liberté et de réserve sans doute essentielles à notre être ? Et puis ne vivons-nous pas, comme le dit Sartre (L’être et le néant) des situations de honte, révélatrices du fait que nous aurions franchement préféré ne pas être nous-mêmes, à notre insu, devant les autres ?

 

↳ s’il semble être de l’ordre de l’impératif moral d’être soi-même devant les autres, non seulement cela semble difficile de le pouvoir, au vu des murs de nos consciences nous séparant, mais en plus souvent on ne le veut pas, par souci de l’image que l’on renvoie de soi, par pudeur (reprise de la réponse évidente) ?

 

II. Alors il semblerait que l’on puisse être soi-même seulement devant certains autres, nos alter ego, mais pas tous, pas les étrangers.

1. Deux types d’autrui

Être soi-même devant les autres, donc, suppose une certaine volonté de se montrer, de se présenter à autrui tel que l’on est vraiment. Or il est plus facile d’être soi-même avec nos proches, nos semblables, donc, qu’envers d’absolus et illustres inconnus. Distinction ici de deux types d’autrui, autrui alter ego, et autrui étranger. Il semble ainsi plus évident de se montrer tel que l’on est face à nos semblables, tandis que plus il y a une distance entre nous et les autres, moins nous le pouvons. Tout cela dépendrait alors de notre proximité à autrui, et finalement d’à quel point ils se rapprochent de nous en étant nos alter ego.

 

2. L’autrui qui ouvre ma liberté, l’autrui qui me chosifie

Et de cette distance de l’autre vis-à-vis de moi, dépend sa capacité qu’il a à m’ouvrir à moi-même, à œuvrer pour ma liberté, ou bien au contraire à me chosifier. Quelqu’un que je ne connais pas, avec qui je ne communique pas, aura tendance à m’observer comme un objet, rien de substantiel ne sortira de cette relation si lointaine. Alors qu’avec mes proches, je me constitue, je m’élabore, je me construis, j’évolue, j’atteste de ma liberté dans la reconnaissance qu’ils me donnent. Cf. Hegel et le désir de l’autre comme désir de reconnaissance et de liberté (Phénoménologie de l’esprit).

 

↳ Mais la relation aux autres n’est-elle pas encore plus indispensable que nous pouvons le penser, au sens où ce serait finalement devant les autres que nous serions nous-mêmes ? De sorte que la question qui se poserait serait finalement inverse : pourrait-on ne pas être soi-même devant les autres ?

 

III. Je suis moi-même “malgré moi” devant les autres, puisque je suis ce que les autres font de moi

1. Autrui me constitue

L’autre est la référence identifiante du moi. Sans autrui, le moi certes serait lui-même mais n’aurait pas conscience de lui. Or autrui est celui qui me constitue, qui me fonde, qui parvient à me faire prendre conscience de moi-même, et ce depuis le plus jeune âge. Cf. Anzieu, le Moi-peau, qui décrit que la première conscience de soi du bébé advient au détour des caresses de sa mère, qui petit à petit lui fait prendre conscience de son corps, lui fait délimiter son corps par rapport à l’espace alentour. Cf. Lacan (Séminaire), et la première expérience de l’altérité dans le stade du miroir : ce n’est qu’en s’extériorisant, en devenant autre, que le moi se constitue, pointant l’altérité comme paradigme constitutif du moi. Et tout cela continue au fil de notre vie, au final, cf. Spinoza, le bon est ce qui dynamise notre puissance d’agir, le mauvais ce qui l’atténue et l’embourbe, on pourrait alors penser que les personnes augmentant notre puissance d’agir sont celles qui œuvrent pour notre constitution, les autres œuvrant pour notre destruction. Cf. tout la psychologie de l’altérité, et la figure moderne du pervers narcissique, celui qui manipule un ego jusqu’à sa destruction.

 

2. Les errances du solipsisme

Que serait, finalement, un soi-même qui pourrait exister et se constituer sans autrui ? Ne tomberions-nous pas dans un solipsisme très dangereux, justement, pour la reconnaissance de la véritable identité de l’autre ? Sans doute que si. Et pour lutter contre les errances du solipsisme, il est important que « l’autre ne [soit] pas seulement la contrepartie du même, mais appartien[ne] à la constitution intime de son sens » (Soi-même comme un autre). Alors au final, ce n’est pas qu’on ne peut être soi-même devant les autres, c’est qu’on ne peut être soi-même que devant les autres.

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