Dissertation de Philosophie, L'inconscient - Philosophie - Terminale L

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Le sujet du document est : "L'inconscient remet-il en cause la souveraineté de la conscience ?"

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Dissertation de Philosophie, L'inconscient - Philosophie - Terminale L

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SUJET : L’INCONSCIENT REMET-IL EN CAUSE LA SOUVERAINETE DE LA CONSCIENCE ? 

 

Depuis les travaux psychanalytiques de Sigmund Freud, la question de la souveraineté de la conscience n’a jamais été autant discutée, et avec elle celle de son identification au sujet. 

Que certaines choses échappent à la vigilance et à l’attention du sujet cela ne fait aucun doute. Mais que celles-ci déterminent essentiellement, voire primordialement, l’identité du sujet, cela porte plus sûrement à controverse.

L’acte manqué, le lapsus, l’expérience hypnotique, ou encore celle du rêve, sont autant de manifestations qui peuvent être rapportées à des processus inconscients du sujet. 

Pour autant cela suffit-il à destituer la conscience de sa souveraineté, de sa place prépondérante dans la constitution de l’identité du sujet. Autrement dit peut-on réellement supposer une identité masquée du sujet ? 

Il nous faudra alors investir au-delà de des seules manifestations susnommées l’hypothèse d’un inconscient comme entité à part entière du sujet. L’instruction d’une telle entité ne manquerait alors pas d’en attenter à la souveraineté de la conscience. 

Mais même en ce cas l’expérience de la conscience ne saurait se subsumer totalement dans une substance inconsciente. Plus certainement, on pourra alors élaborer une sorte de lutte de pouvoir entre conscient et inconscient, tentant ainsi de penser à nouveaux frais leur rapport hiérarchique.   

La lutte prendra peut-être alors plus la figure d’une paradoxale dialectique dans laquelle conscient et inconscient éprouveront leur consubstantialité. Dès lors, plutôt que de se substituer à la conscience, l’inconscient permettrait plus exactement d’en infléchir la position et le statut. 

 

Dans l’expérience quotidienne de notre vécu une présence diffuse se fait sentir. Elle se manifeste à notre conscience mais celle-ci ne trouve pas à la définir avec précision. Qu’on la nomme « inconscient » ou que l’on se refuse à la nommer expressément cette présence affecte à la fois notre corps et notre pensée. 

Cette présence, c’est elle qui s’agite dans nos désirs irrépressibles ; c’est elle aussi qui implose dans nos émotions trop vives ; et c’est elle qui jaillit dans nos pulsions insoupçonnées ; et c’est elle qui s’immisce dans nos propos incohérents ;  c’est elle enfin qui cultivent nos paysages oniriques.

Ces phénomènes d’occurrences et de natures diverses ont tous en commun de ne pas être pleinement circonscrits par la conscience. Ils ne s’assimilent pas à l’ignorance car ils participent trop de notre manière d’appréhender et de mener notre existence. Ils sont connus mais confusément.  

C’est sans doute cette confusion que cherchait à sonder Sigmund Freud dans ses théories et ses expériences psychanalytiques. Freud va tenter de définir une structure globale de ces diverses présences. Freud va tenter d’instruire l’entité d’un « Inconscient ». 

Les deux modèles de Freud, à savoir la topique du préconscient, de la censure et de l’inconscient, et la topique du Ça, du Moi et du Surmoi, donnent de plus en plus d’importance à la place de l’inconscient dans l’appareil psychique. L’inconscient devient cette matière première de l’être à son environnement, et dont la conscience n’a qu’un faible aperçu. 

Les conclusions d’une telle édification de l’inconscient chez Freud laissent entendre que la conscience n’est qu’une infime partie de l’être. Partie la plus visible certes mais qui ne saurait prétendre résumer à elle seule l’identité du sujet.

La conscience comme identité de l’être se fait l’effet d’une idéologie de la surestimation de la capacité du sujet à se connaître lui-même. Comme le dit encore Freud, l’inconscient comme entité entend « montrer au moi qu'il n'est seulement pas maître dans sa propre maison, qu'il en est réduit à se contenter de renseignements rares et fragmentaires sur ce qui se passe, en dehors de sa conscience, dans sa vie psychique ».

Peut-on pleinement souscrire à un tel renversement de l’identité du sujet ? Accorder une telle souveraineté à l’inconscient n’est-ce pas induire un sujet livré aux anarchies, ou tout du moins aux déterminations, de ses pulsions, de ses désirs ou encore de ses émotions ?

Dans le même ordre d’idée l’inconscient ainsi considéré peut-il alors prétendre seul à la vérité de l’identité du sujet ? Peut-on ainsi invalider la conscience, somme toute pourvue elle aussi de ses logiques et de sa cohérence ? Peut-on ainsi faire de la conscience, qui demeure tout de même assez prégnante dans l’expérience de notre vécu, le simple succédané de l’inconscient ?  

 

Les différentes questions déclinées par ailleurs ouvrent sur deux problématiques principales : la notion du libre-arbitre, et la validité de l’hypothèse de l’inconscient comme entité à part entière. 

Le libre-arbitre concerne notre faculté à opérer des choix et des décisions sous notre seule autorité. La notion d’inconscient dans son approche freudienne tend à destituer le sujet de la propre conduite de son existence. Le sujet n’assume rien, il refoule ; le sujet n’est responsable de rien, il est sous influence. 

Non sans ironie, Jean-Paul Sartre disait ainsi  que « la psychanalyse ne nous a rien fait gagner puisque, pour supprimer la mauvaise foi, elle a établi entre l’inconscient et la conscience une conscience autonome et de mauvaise foi ».Ce que stigmatise tout particulièrement Sartre ici c’est la notion de censure instituée à travers la première topique freudienne. 

Pour le dire brièvement, la censure serait ainsi en charge, dans l’appareil psychique de prémunir la conscience de ces désirs et pulsions inconscientes. Dès lors on tient bien là en effet un alibi des plus solides à  notre mauvaise foi. N’importe quel individu peut ainsi mettre au compte d’une censure psychique momentanément déficiente tous ses actes les plus abjectes. 

C’est bien la place même que l’on accorde à l’inconscient dans un potentiel appareil psychique qui se trouve être le pendant de la question du libre-arbitre. Là ce n’est plus tant la problématique  d’un rapport hiérarchique entre conscience et inconscient qui interroge, mais le contenu même de la substance inconsciente.

Pulsions, désirs et émotions semblent ainsi constituer l’essentialité de l’inconscient. Ces éléments peuvent se manifester et se formuler de manières diverses et complexes, mais elles demeurent initialement des excitations d’ordre sensible. Il y a alors une sorte de déterminisme biologique et organique qui in fine en viendrait à annihiler toute forme de rationalité.

Comme le souligne Alain, dans ces conditions « l'inconscient est une méprise sur le Moi, c'est une idolâtrie du corps ». L’extrapolation de procédures inconscientes encoure le risque de réduire l’être à ses seules structures corporelles. La souveraineté de la raison peut certes être remise en question, certaines de ses limites et de ses failles être soulevées, cela ne finit que par vérifier l’hypothèse de l’existence même de la conscience.

Et plus que des limites ou des failles de la raison ne pourrait-on pas penser qu’il s’agit là de la nature même de la conscience. La conscience aurait ainsi à voir avec une raison qui redécouvre son enracinement au sensible, avec des logiques qui redécouvrent leur relative fiabilité, avec une cohérence qui ne rejetterait pas toute incertitude dans sa réalisation. 

Des philosophes comme Gottfried Wilhelm Leibniz et Maurice Merleau-Ponty ont probablement nourri la théorisation de telles perspectives. 

 

 

Plus que d’un inconscient chez Leibniz il est question de « petites perceptions ». Chez lui, ce qui échappe à la conscience participe déjà de la conscience. Les stimuli sensibles dont la pluralité et la complexité ne se laissent pas immédiatement voir procèdent d’une appréhension consciente plus globale du monde vécu.

Leibniz aimait prendre l’exemple de la mère et de ses phénomènes de ressacs. Chaque mouvement de vague correspond ainsi à un bruit unique et singulier, mais ce n’est que dans leurs assemblages que nous les percevons.

L’inconscient ne renvoie pas ici au caractère purement biologique de l’être, à son animalité dirions-nous. Ici le sensible est déjà acte de cognition. La perception fait se rejoindre corps et pensée.

Leibniz trace ainsi l’esquisse d’une conscience plus ambiguë que celle de la raison pure, d’une conscience dont les procédures inconscientes ne sont pas l’écueil mais le prolongement : « on ne dort jamais si profondément qu’on n’ait quelque sentiment faible et confus, et on ne serait jamais éveillé par le plus grand bruit du monde, si on n’avait quelque perception de son commencement qui est petit ». La conscience est ici labile et c’est ainsi la labilité même du monde qu’elle épouse.

Plutôt que d’assimiler obstinément la conscience à la raison, plutôt que de chercher à surmonter les apories de la raison par l’hypothèse d’un autre Moi caché et détenteur de tous les mystères de l’être, c’est à une nouvelle manière d’appréhender celui-ci et le monde qu’il convient de mettre en œuvre.

La thématique de l’inconscient entendait remettre en question la souveraineté de la raison et par là sa propension à vouloir porter un regard exhaustif sur le monde ; mais s’instituant en entité à part entière c’est peut-être de la mégalomanie même de la conscience dont elle s’est retrouvé affublée. 

A travers ses travaux sur la perception, Merleau-Ponty disait à ce propos : « La vision fait ce que la réflexion ne comprendra jamais : que le combat quelquefois soit sans vainqueur, et la pensée désormais sans titulaire ». Toujours au voisinage de dispositifs inconscients, qu’ils soient de l’ordre de la pulsion, du désir, du sensible, en général ou de la vision en particulier comme chez Merleau-Ponty, il nous faut relativiser la volonté d’un savoir absolu, entériner le modeste statut de la condition humaine. 

Mais tout cela ne doit pas constituer une fuite de nos responsabilités. Si le savoir est d’obédience subjective, alors il nous en rend encore plus responsables.

 

Trop de phénomènes inconscients se manifestent à nous pour être complètement ignorés. Plus encore, il existe suffisamment d’articulations et de corrélations entre eux pour que puisse être émise l’hypothèse d’un substrat, psychique ou autre, qui en régit la logique.

Que l’on estime ou non que les travaux de Freud vérifient cette hypothèse, il nous faut reconnaître qu’ils invitent à repenser l’hégémonie de la conscience et sa prépondérance dans la constitution du sujet. 

La conscience n’en est jamais toutefois invalidée mais elle trouve désormais dans l’inconscient un obstacle à son expression. C’est en son sein même que le sujet doit à présent conquérir sa liberté d’action.  Il doit faire valoir sa force d’arrachement à lui-même.

Mais ainsi, au lieu de les penser sous le régime de la dualité il convient d’en considérer la consubstantialité. Conscient et inconscient ne sont en fait que les deux versants d’un même phénomène. L’inconscient n’est pas un autre Moi, il manifeste seulement l’indétermination même du sujet.

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