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Bac L - Gustave Courbet

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Quiz de Spé Arts :

Quel est le matériau de prédilection utilisé par Kawamata ?

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Le contenu du document



I - Introduction

  • Nait à Ornans, près de Besançon, dans le département du Doubs en 1819, dans une famille aisée.
  • Attaché à sa région natale qui lui sert de décor pour nombre de ses tableaux ( Une après-dinée à Ornans, Un enterrement à Ornans)
  • C'est avec une "inébranlable confiance en lui-même et une indomptable ténacité" (Jules-Antoine Castagnary) que Courbet se lance dans une carrière artistique prolifique, amené à devenir le chef de file de l'école réaliste
  • Elève, il copie les maîtres du Louvre comme Rembrandt, Hals, Rubens, Caravage ou Titien. Parmi ses concitoyens, Courbet admire Géricault et Delacroix, deux maîtres romantiques qui utilisèrent les grands formats pour peindre des épisodes de l'histoire contemporaine.
  • Au cours de cette période, Courbet se cherche encore. A diverses reprises, il se met en scène avec emphase  ( Le désespéré , 1841 ;   L'homme au chien noir , 1842 ; , 1844-1854,   L'homme à la ceinture de cuir. Portrait de l'artiste , 1845-1846).
  • Au cours de cette période, Courbet fait une rencontre décisive pour la suite de sa carrière. Alfred Bruyas, un riche collectionneur originaire de Montpellier. Il va dès lors devenir un véritable mécène pour l'artiste, qui peut ainsi vivre de sa peinture en toute indépendance
  • Lors de la Commune de Paris, Courbet s'engage en politique (1870).
  • Courbet meurt en 1877.
"M. Courbet est un réaliste, je suis un réaliste : puisque les critiques le disent, je les laisse dire. Mais, à ma grande honte, j'avoue n'avoir jamais étudié le code qui contient les lois à l'aide desquelles il est permis au premier venu de produire des œuvres réalistes."  
(Champfleury,   Du réalisme , Lettre à George Sand, septembre 1855)

II - LE REALISME : UN MOUVEMENT LITTERAIRE, ARTISTIQUE ET CULTUREL

  • Le réalisme apparaît notamment en France et en Grande Bretagne dans la seconde moitié du XIXe siècle, avant de conquérir les Etats-Unis. A ses débuts, ce mouvement se manifeste aussi bien en littérature avec Balzac, Champfleury et Louis Edmond Duranty, qu'en peinture avec un certain nombre d'artistes parmi lesquels Gustave Courbet. Dans une période marquée par l'opposition entre le romantisme et le classicisme, le réalisme ouvre une nouvelle voie en évoquant la réalité sans idéalisation et en abordant des thématiques politiques ou sociales.

III - COURBET ET LE REALISME : UN ART SANS IDEALISATION. L'EXEMPLE D'UN ENTERREMENT A ORNANS (1866)

  • Il ne faut pas entendre par "réalisme" une tentative d'imitation servile du réel. Il s'agit pour Courbet de prendre pour objet la réalité du monde qui l'entoure. Le peintre souhaite "traduire les mœurs, les idées, l'aspect de son époque" mais en faisant ressortir sa "propre individualité".
  • Contemporain des débuts de la photographie, Courbet fait usage de celle-ci dans son œuvre, notamment pour peindre la femme nue située derrière lui dans  du peintre (1855), puis pour  Le Château de Chillon (1874). Mais les intentions du peintre sont très éloignées du mimétisme photographique, sa volonté est de donner à voir une vision personnelle du réel, qui se heurte parfois à l'incompréhension de ses contemporains. 
    Plusieurs scandales ponctuent la carrière de Courbet, mais ces épisodes lui permettent aussi d'entretenir sa réputation et n'empêchent ni la reconnaissance, ni le succès commercial. En effet, comment ne pas penser au tableau subversif, sans doute le plus célèbre de Courbet, L'origine du monde (1866) ? Ainsi, tout en prouvant que sa réussite n'aliène en rien sa liberté créatrice, Courbet conserve sa place sur le devant de la scène artistique.


L'Atelier du peintre (1855)
  • Dans l'avertissement préliminaire du catalogue de l'exposition de 1855, Gustave Courbet déclare qu'il « faut savoir pour pouvoir » avant d'ajouter ensuite qu'il se fixe comme but de produire de l'art vivant ». La profession de foi est claire : il suit l'enseignement des anciens et se rend d'ailleurs assidûment au Louvre, mais il n'entend pas perpétuer une tradition figée.
  • Fondamentalement, Courbet s'oppose à l'enseignement académique de l'Ecole des Beaux-Arts dont il refuse les règles. Il s'écarte des sujets mythologiques ou historiques et ancre sa pratique dans son époque en représentant ce qui l'entoure.
  • Courbet peint sans théâtraliser, ce qui le différencie d'autres réalistes développant leur art à partir de motifs populaires, mais enclins à une dramatisation ou un misérabilisme post-romantique, notamment Isidore Pils, Octave Tassaert et Alexandre Antigna   Courbet, lorsqu'il évoque la mort, le fait crûment, au travers d'animaux tués (gibier chassé ou poisson péché) ou dans l'observation presque ethnologique d'usages mortuaires en région franc-comtoise ( La toilette de la morte ). Le caractère pathétique de la cérémonie religieuse peinte dans   Un enterrement à Ornans  (1849-1850) est circonscrit au groupe des pleureuses.


Un enterrement à Ornans (1849-1850)
  • Dans le tableau, on retrouve en arrière-plan les caractéristiques du paysage de la région : des falaises calcaires qui encadrent les méandres encaissés de la   (un affluent du Doubs qui traverse la ville d'Ornans).


  • À partir de la  , du fait du nombre croissant de morts, l'exiguïté des sites entraîne l'exurbanisation des cimetières, traditionnellement implantés autour de l'église du village. À Ornans, la population s'est opposée à ce transfert pendant des décennies et il faut attendre septembre 1848 pour qu'un nouveau cimetière hors du village soit inauguré. Dans le tableau c'est précisément dans ce nouveau cimetière à l'écart de la ville que se déroule l'enterrement. De plus, les personnages regroupés masquent les autres tombes et les murs du cimetière, ce qui nous laisse penser que la fosse a été creusée au milieu de nulle part. Le peintre fait figurer la scène à un moment précis : le convoi vient d'entrer dans le cimetière et s'est scindé en trois groupes (les officiants, les hommes et les femmes).
Le curé   (10)  : habillé en grande pompe, il porte le costume funèbre et lit les textes de son  (livre liturgique contenant les prières à lire chaque jour par les prêtres) qu'il tient à la main. Il fait face au révolutionnaire de l'autre côté de la fosse.
Le fossoyeur   (13)  : Antoine Joseph Cassard, fils de cordonnier et paysan pauvre, a posé sa veste et son bonnet de laine sur les bords de la fosse qu'il vient de creuser comme l'indique la couleur de la terre. Il attend l'arrivée du cercueil et pose un genou au sol. Si son regard, à mi-hauteur de la toile, tourné vers le groupe des « officiants de l'au-delà » et de la haute croix, nous entraîne vers l'univers spirituel de la cérémonie, le reste de son corps tourné vers la fosse nous attire vers le « monde d'en bas » et sa réalité : l'ensevelissement du cadavre.
Les quatre porteurs  : ils sont munis de gants blancs, de tenues noires et de grands chapeaux à bords ronds. Ils soutiennent le cercueil entouré d'un drap blanc et détournent leurs visages du mort (à la campagne, on exposait le corps plusieurs jours avant l'enterrement et la pestilence des morts est peut-être évoquée ici par le peintre). Ce sont probablement un artisan cordonnier  (1) , un propriétaire cultivateur-rentier  (2) , un musicien (que l'on retrouve dans la toile  Après dîner à Ornans (3) , et un propriétaire  (4) . Ces deux derniers sont des amis de Courbet.
Les cinq sacristains  : ils se tiennent en arrière du curé, à gauche du cercueil et sont vêtus de blanc. L'un d'entre eux est le porte-croix ; c'est un propriétaire-vigneron  (7) . Les deux autres en  (5)  et  (6)  sont respectivement un musicien et un artisan cordonnier. À l'extrême gauche de la toile derrière les porteurs est peut-être représenté le grand-père de Courbet décédé un an plus tôt (il n'est pas visible ici). Le groupe des sacristains est « relié » au ciel par la croix qui surmonte la foule et les falaises en arrière-plan.
Les deux enfants de chœur  : le premier  (8)  lève la tête vers le porteur, dont il vient de toucher le chapeau avec son cierge. Le second  (9)  au premier plan porte le vase d'eau bénite.
Les deux   : employés laïcs d'église, ils s'assurent du bon déroulement des cérémonies religieuses. Celui de gauche  (11)  est un vigneron aisé tandis que celui de droite  (12)  est un cordonnier modeste. La couleur rouge de leur costume et de leur toque les fait sortir tout droit d'une toile italienne du bas Moyen Âge, cependant on a retrouvé dans la sacristie de l'église d'Ornans une de ces toques.
Le groupe des hommes  : au premier plan les bourgeois et notables, un juge de paix  (14) , le maire d'Ornans Prosper Teste  (15) , un ancien gendarme devenu prêteur sur gages tenant un mouchoir à la main  (17)  et un meunier enrichi  (19)  ainsi qu'un avocat  (20) , ami de Courbet. Au second plan figurent deux amis d'enfance du peintre : un rentier célibataire  (16)  et un bourgeois aisé  (18) .
Les deux révolutionnaires  : ils portent le costume porté par les révolutionnaires entre  et  (c'est-à-dire au moment de la ) soit un demi-siècle plus tôt. Nous sommes en 1849 et Courbet a assisté à l'avènement de la  en 1848. Le premier  (21)  porte des guêtres blanches et le second au premier plan  (22)  des bas bleus. La main tendue vers la fosse, ce dernier semble officier en même temps que le curé en face de lui. Ce face-à-face incongru entre la République et l'Église est à mettre en lien avec l'engagement politique de Courbet qui sera un partisan de la  de Paris en 1871.
Le groupe des femmes  : En tête du cortège au premier plan sont représentées les femmes de la famille de Courbet. Sa mère  (23)  et trois de ses sœurs  (24) - (25) - (26) . La petite fille à l'extrême droite du tableau  (27)  est une petite cousine de l'artiste.

IV - COURBET ET L'AUTOPORTRAIT « REALISTE » ? L'EXEMPLE DU DÉSESPÉRÉ (1843-45)

  •   de l'artiste sous les traits d'un jeune   qui regarde le spectateur avec désespoir (huile sur toile)
  • Le Désespéré est probablement le tableau le plus singulier et le plus mystérieux de la série des autoportraits de jeunesse de Courbet.


  • En 1854, Courbet lève le voile sur ses tourments intérieurs : « Avec ce masque que vous me connaissez, écrit-il à son mécène Alfred Bruyas, je cache à l'intérieur le chagrin, l'amertume, et une tristesse qui s'attache au cœur comme un vampire. » Ce « spleen » (dirait Baudelaire), que l'artiste confesse parfois dans ses lettres est en revanche presque absent de sa peinture. La singularité de ce tableau n'en est que plus étonnante et impose de remonter aux premières émotions d'une jeunesse placée sous le signe d'un romantisme triomphant.
  • Jusqu'au mois de février 1844, où il apprend l'admission de l'Autoportrait dit « au chien noir » (ci-après), Courbet est doublement dans l'impasse : sur le plan pictural, comme sur le plan personnel, l'idéal romantique le conduit à l'abîme. Le Désespéré apparaît comme une œuvre-clé ; le choix de représenter le paroxysme de la crise, le moment où se révèle la vacuité d'une jeunesse perdue, marque la volonté de produire un signe à la hauteur du traumatisme vécu par l'artiste. Le cadrage resserré, le format horizontal, qui permet le déploiement dramatique des avant-bras, l'absence de détails anecdotiques et de toute échappatoire, imposent au spectateur une confrontation presque insoutenable. Là est sans doute le but de Courbet, celui de faire partager l'intensité d'un moment où, parvenu aux derniers développements d'une éducation romantique, pris de vertige devant le spectacle annoncé de sa déchéance et de sa fin, l'artiste trouve la force de repousser un destin qui n'est pas le sien.


L'autoportrait au chien noir (1842)

V - L'ORIGINE DU MONDE (1866): LE SCANDALE REALISTE

  • Ce tableau est, stricto sensu, un exemple traditionnel de représentation de nu féminin
  • Il est exposé au Musée d'Orsay (depuis 1995)
  • Le titre, métaphorique, ne laisse pas présager la réalité crue de l'image représentant le sexe féminin. Il renvoie à la femme comme génitrice, mère qui donne la vie, qui enfante. Mais la femme est souvent associée, depuis l'Antiquité, à l'Amour et au dieu grec Eros qui, dans les plus anciens mythes, est un des premiers dieux.


1 - Une identité incertaine : hypothèses historiques

  • À l'époque de la réalisation du tableau, le modèle préféré de   est une jeune femme, Joanna Hiffernan, dite « Jo ». C'est son amant , peintre américain admirateur et disciple de Courbet, qui la lui a présentée.
  • En   réalise un autre tableau,  La Belle Irlandaise, dont le modèle est Joanna Hiffernan. En tout, Courbet réalisa quatre portraits de Jo. Elle est généralement citée comme le modèle de  L'Origine du monde, ce qui expliquerait la brutale séparation entre Courbet et Whistler peu de temps après la réalisation de l'œuvre. 
Dans   J'étais l'origine du monde , publié en   , la romancière     prend partie en imaginant comment la narratrice, Joanna Hiffernan, fut l'amante de Courbet et le modèle du fameux tableau. Déjà   , en     dans   Le Roman de l'origine , dont le personnage central est le tableau lui-même ( « il lui en arrive, des aventures ! » ), avait proposé de voir en Joanna Hiffernan le modèle.

2 - Une œuvre provocatrice

  • Le xix e siècle connut dans la   les prémices d'une révolution picturale dont les acteurs principaux furent   et . Courbet rejetait la peinture académique et ses nus lisses, idéalisés, mais s'attaquait aussi directement à la bienséance hypocrite du Second Empire, où l'érotisme voire la pornographie étaient tolérés lorsqu'il s'agissait de peinture mythologique ou onirique.
  •  Le   de Courbet, qui se targua plus tard de n'avoir jamais menti dans sa peinture, repoussait toujours plus loin les limites du présentable. Avec  L'Origine du monde, il exhiba en quelque sorte la partie cachée de l'  de Manet. 

VI - Bibliographie et webographie

  • Gustave Courbet,  Écrits, propos, lettres et témoignages (édition établie et présentée par Roger Bruyeron), collection « Savoir Arts », , 2011.
  • Denis Coutagne (dir.),  Courbet-Cézanne : la vérité en peinture, catalogue d'exposition, Ornans, Musée Gustave Courbet, 29 juin-14 oct. 2013, Lyon, Fage, 2013.
  • Ségolène Le Men,   Courbet , Paris, Citadelles et Mazenod, 2007
  • Le Roman de l'Origine, Paris, Gallimard, coll. L'infini, 1996, 2 e édition, 2007.
  1. A quel mouvement artistique Courbet a-t-il appartenu ?
  1. le cubisme
  2. le réalisme
  3. le naturalisme
  4. l'académisme
  1. Quel grand peintre Courbet n'a-t-il pas copié ?
  1. Velazquez
  2. Rubens
  3. Le Caravage
  4. Botticelli
  1. Qu'est-ce qu'un mécène ?
  1. un peintre
  2. un amateur d'art
  3. un prêtre
  4. un homme de loi
  1. Ornans est un(e):
  1. ville
  2. village
  3. personne
  4. animal
  1. Quelle conception de l'art Courbet illustre-t-il ?
  1. l'art doit être le reflet de soi
  2. l'art doit être accessible à tous
  3. l'art doit refléter le réel sans idéalisation
  4. l'art doit être politique
  1. Quel adjectif convient le mieux pour qualifier Un enterrement à Ornans ?
  1. jovial
  2. romantique
  3. secret
  4. pathétique
  1. Quel adjectif convient le mieux pour qualifier Le Désespéré ?
  1. liturgique
  2. dramatique
  3. euphorique
  4. encomiastique
  1. Lequel de ces tableaux n'est pas de Courbet ?
  1. Les Glaneuses
  2. Atelier du peintre
  3. Femme nue au chien
  4. La Belle Irlandaise
  1. Où est exposée la toile L'origine du monde ? :
  1. Musée Carnavalet
  2. Musée de la vie romantique
  3. Musée d'Orsay
  4. Musée du Louvre
  1. Quel adjectif convient le mieux pour qualifier cette toile ?
  1. contemplatif
  2. subversif
  3. péjoratif
  4. incisif
1- B
2- D
3- B
4- B
5- C
6- D
7- B
8- A
9- C
10- B
Fin de l'extrait

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Les avis sur ce document

jojo5000
20/20

le quiz dessous c'est comme le jour du bac ? pour ce sujet ou un autre ? si il y a des questions comme celle-ci j'ai 20/20 :)

par - le 16/12/2014
casadoleo
20/20

Fortement intéressant je vous remercie! A télécharger!

par - le 18/11/2014

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