Une possible réforme des langues vivantes étrangères (LVE) ?

Une possible réforme des langues vivantes étrangères (LVE) ?

Le 12 septembre 2018, un rapport est arrivé sur le bureau de Jean-Michel Blanquer. Intitulé « Propositions pour une meilleure maîtrise des langues vivantes étrangères, oser dire le nouveau monde », il a été élaboré par Alex Taylor, journaliste, et Chantal Manes-Bonnisseau, inspectrice générale de l’Éducation nationale. Focus sur les différentes propositions pour une future réforme des langues vivantes.

1 octobre 2018 | digiSchool Bac L | 0 avis

Une possible réforme des langues vivantes étrangères (LVE) ?

L’anglais, langue obligatoire mais pas unique

Tout d’abord, d’après le rapport, l’anglais devrait trouver sa place dans un contexte plurilingue. Selon l’auteur Alex Taylor, l’apprentissage des LVE va de pair avec la notion de citoyenneté. Ainsi, un enseignement plurilingue favoriserait la cohésion sociale. Si l’anglais reste une discipline incontournable, les élèves ne doivent pas s’en contenter.

Les propositions des auteurs sont de faire de l’anglais une langue obligatoire dans tous types de parcours et de rehausser le niveau à l’oral à la fin des cycles 3 et 4, selon les attendus suivants :

  • En fin de cycle 3 : niveau A1 du CECRL dans cinq activités orales et A2 au moins en compréhension et expression orales
  • En fin de cycle 4 : en anglais LV1, niveau A2 en compréhension et production écrites et B1 en compréhension, production et interaction orales
  • En anglais LV2, niveau A2 dans deux activités langagières orales

Repenser l’enseignement des langues vivantes étrangères

Enfin, les nouveaux programmes de lycée offrent de belles opportunités de repenser l’enseignement des LVE. En effet, il y aura bientôt trois parcours différenciés : les enseignements communs, les enseignements de spécialité, mais aussi les parcours internationaux. Et dans la voie technologique, il faudra réhabiliter un enseignement complet de la langue vivante étrangère, en insistant de nouveau sur la grammaire.

Au lycée, l’objectif de l’enseignant est d’aider les élèves à développer leurs compétences orales en seconde, puis à affirmer leurs compétences écrites en terminale. Si les programmes du tronc commun seront revisités, le volume de cours, les modalités d’évaluation et les niveaux attendus ne devraient pas beaucoup changer. Les contenus, eux, seront conçus dans une logique de diversité : en interlangues et interdisciplinaires.

Quant aux enseignements de spécialité, et plus particulièrement à la littérature étrangère en langue étrangère, le volume horaire devrait être modifié : 2h en première et 1h30 en terminale pourraient bien devenir 4h en première et 6h en terminale. De ce fait, le niveau attendu sera adapté. Concernant les contenus, l’apprentissage de la langue sera étroitement lié aux connaissances littéraires et méthodologiques.

Passons aux parcours renforcés. Les sections internationales plutôt littéraires devraient notamment augmenter leur nombre d’heures et surtout s’étendre aux disciplines plus scientifiques. Les lycéens pourraient alors choisir deux matières en LVE et non une seule. Les auteurs suggèrent de valoriser l’enseignement des langues, qui participe à la formation globale des élèves.

Par ailleurs, les auteurs de ce rapport semblent vouloir favoriser la collaboration entre les enseignants, en proposant la mise en place d’un réseau entre les professeurs de LVE. Ils proposent également la création d’un poste de coordonnateur dans les établissements, qui identifierait les besoins de formation, coordonnerait les travaux de groupe, etc. Une idée qui permettrait de consolider la culture disciplinaire dans les lycées.

Mais surtout, ils souhaitent mettre l’accent sur l’innovation et l’expérimentation : l’écriture de poèmes, la création de clubs de théâtre, l’animation de débats, l’organisation de concours de chant, l’intervention de spécialistes sont autant d’initiatives qui méritent de faire parler d’elles et d’être davantage développées.

Pour un meilleur accompagnement des enseignants

Un autre point important du rapport porte sur les enseignants, qui devraient, selon les auteurs, être mieux préparés et accompagnés. Première recommandation : encourager une période d’immersion dans un pays étranger pour les enseignants du premier degré, de disciplines linguistiques ou non (un semestre pour les spécialistes de langues étrangères).

Les propositions ne s’arrêtent pas là concernant ces professeurs. Il faudrait également qu’ils soient évalués au recrutement, en anglais, allemand, espagnol et italien. D’après les propos des auteurs, un « plan de montée en charge des compétences des professeurs des écoles sur cinq années » est nécessaire. Par exemple, les enseignants pourraient être mis en relation avec des « locuteurs natifs formés à la pédagogie »ou encore avoir de plus en plus recours à des outils numériques.

Puis, pour les accompagner dans l’exercice de leur métier, la principale proposition est de limiter les effectifs à 20 élèves en terminale.

Pour un apprentissage des langues dynamique et optimal

Alex Taylor et Chantal Manes-Bonnisseau à l’origine de ce rapport recommandent d’enseigner les langues très tôt aux élèves, à l’école primaire, parce que plus on apprend tôt, plus c’est facile.

Mais les méthodes doivent être différentes. Au primaire, il faudrait travailler surtout sur la musicalité, la phonologie et l’accentuation des langues, en particulier de l’anglais. Le rythme de celui-ci est souvent négligé dans les enseignements : erreur, il est très différent du français, c’est pourquoi les élèves doivent se familiariser très tôt avec l’anglais.

L’enseignement des langues à l’école primaire et au collège doit également réaménager ses horaires. Moins longtemps mais plus souvent : c’est l’idée globale de cette recommandation. Les auteurs suggèrent :

  • Entre 15 et 20 minutes par jour pour le premier degré
  • 5 fois 45 minutes en sixième
  • 4 fois 45 minutes par semaine, dès la cinquième

Quant aux lycées, ils devraient proposer à l’avenir plus d’« activités d’exposition à la langue », soit des échanges linguistiques, du théâtre ou encore une chorale. Ce serait un bon compromis pour les enseignants qui réclament plus d’heures dans le tronc commun. Il est également suggéré de développer les échanges, réels ou virtuels, avec des locuteurs natifs ainsi que de créer un trimestre d’études dans un établissement partenaire d’Europe. Sans oublier le développement de partenariats avec des médias et l’usage approfondi des outils numériques.

Enfin, les auteurs recommandent de développer les attestations de niveau au bac, évalué sur l’échelle du CECRL, et les certifications en langues reconnues à l’international. En effet, les étudiants, au lycée ou en études supérieures, devront passer un test, aux frais de l’État, de type Cambridge ou IELTS. Un test qui permettra à leur niveau de langues d’être reconnu à l’international. Un label pourrait même être créé afin de valoriser les lycées actifs et ouverts sur les langues.

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